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Lundi 19 juin 2006
Bonjour Douglas,
Hier nous recevions mon plus jeune frère, 41 ans, pour la première fois depuis 6 mois (les circonstances ont fait qu'il n'a pas pu venir plus tôt : vacances, maladie, etc.). Il a beaucoup bu  et je n'y ai pas prété attention (nous étions 20). Puis il a fini par insulter, menacer, répéter constamment des grossiéretés. Les femmes changeaient de place, les maris ne savaient plus trop comment agir, certains menacaient de lui casser la gueule...  Bref je l'ai mis dehors. D'autant plus honteuse que le linge qu'il avait apporté à laver n'était pas sec, puisqu'il a titubé gravement jusqu'au RER où je l'ai accompagné. Refusant de rebrousser son chemin et dormir à la maison. Puis il est parti.
3 heures plus tard il arrivait à son hôtel. Probablement qu'il avait dormi dans le RER. Le patron me disant qu'il était totalement clair. Et moi inquiète pour son diabète qui peut à tout moment basculer.
Bref, un cauchemar. La première fois que je vis un truc pareil.
Ce matin je l'ai eu au téléphone. Il est au travail. Sa voix est parfaitement claire. Je l'aurai pensé fâché d'avoir été mis à la porte la veille. Il n'y avait aucune animosité dans son ton. Et il m'a dit ne pas se souvenir de ce qui s'est passé. Est-ce possible ? J'ai besoin de savoir si c'est possible.
Merci d'avance.
Par la soeur d'un malade - Publié dans : DouglAAs
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Samedi 17 juin 2006
Le plus court chemin pour aller d'un point à un autre n'est pas la ligne droite! C'est ce que j'ai appris au fil de mes 24 heures. C'est un peu comme voir le sommet de la montagne et penser qu'en escaladant en ligne droite je pourrais y arriver plus vite. Pas facile pour l'alcoolique que je suis d'admettre que le chemin peut être très sinueux. Et cela dans tous les domaines de ma vie. Quand j'étais dans le produit, la mise en oeuvre de ma volonté déchaînée ne suffisait pas à faire en sorte que les choses se passent comme je le voulais. J'ai appris en AA que pour arriver à mes fins, à réaliser mes projets, à atteindre mes objectifs, je devais faire montre de patience et de vigilance quant au chemin à utiliser. Il est vrai que le temps aidant, j'éprouve moins de difficultés à accepter que la ligne droite n'est pas le plus court chemin pour aller d'un point à un autre... Paradoxal, certes, mais pourtant le fruit d'une expérience que je vis régulièrement. La géométrie se tromperait-elle?
Par Douglas - Publié dans : DouglAAs
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Jeudi 25 mai 2006

La maladie dont je suis atteint est particulière. Je ne cesse de découvrir de nouvelles facettes de ce dysfonctionnement émotif et mental. Je rencontre des difficultés face aux tracasseries du quotidien, à la loi des séries, à l'accumulation d'un tas de petits tracas qui font la vie ordinaire.

Je sais qu'il ne sert à rien de me désespérer pour des coups de canif de la vie, mais malgré tout pour conserver ma sérénité je passe par des hauts et des bas usants sur le plan émotionnel.

Je me rends compte combien il est important pour moi de faire en sorte de ne pas être en dette de sommeil : c'est un excellent indice que je surveille.

La capacité de régénérescence du sommeil naturel, c'est à dire sans utilisation de médicaments, n'est plus à être démontrée en ce qui me concerne.

Dans le tourbillon de la vie, garder le cap semble parfois si difficile. Suis-je sur le bon chemin dans les différents domaines de ma vie? Dois-je me faire aider ou essayer par moi-même de trouver la bonne solution?

Autant de questions auxquelles le programme des alcooliques anonymes m'aide à répondre selon mon rythme et mes possibilités.

Par Douglas - Publié dans : DouglAAs
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Dimanche 7 mai 2006

La peur d'échouer était un moteur quand j'étais dans mon "autre vie". Tout faire pour que les choses se passent comme je le voulais. La peur mélangée à la "volonté déchaînée" permettait avec l'aide du "poison" de vaincre.

Mon dernier verre remonte à novembre 2000. La peur est un sentiment que je continue de ressentir très fort. J'ai appris en AA que ce sentiment est normal pour tout être humain.

Là où je suis dérouté, c'est face à la réussite. L'idée que les choses puissent s'arranger que que cette possibilité soit à portée de main me fait peur.

Comme si je ne le méritais pas. Cette sous-estime de moi est pourtant un travers contre lequel je lutte. Je ne suis pas moins bien que tous les autres.

Je voudrais tellement être confortable avec la réussite. J'aimerais tant pouvoir déguster le plaisir de la réussite au lieu de me faire des films en inventant des scenarii catasptrophes.

Apprendre que, moi aussi, j'ai le droit à la réussite et à l'aisance sociale n'est pas chose facile pour moi. En cherchant dans mon histoire personnelle, je pense que je pourrais trouver les racines de ce sentiment de peur.

J'ai appris en AA à exprimer ce que je ressens que ce soit oralement ou par écrit.

Ce blog est un moyen pour moi de m'exprimer en sachant que je serai lu et que ce que j'écris pourra toucher le lecteur.

 

Par Douglas - Publié dans : DouglAAs
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Jeudi 13 avril 2006

Je viens d'être confronté à une situation pour le moins étonnante.

Dans le cadre professionnel, je suis amené parfois à connaître de situations quasi désespérées. Ce fut le cas fin août dernier quand une amie de lycée me contacta pour mettre en vente son appartement. La particularité : son appartement devait être vendu aux enchères à la barre du tribunal de grande instance local 10 jours plus tard.

Je trouvais un couple d'acquéreurs en 24 heures et parvenais à faire cesser les poursuites judiciaires. En janvier 2006, cette amie avait signé chez le notaire la vente de son appartement.

Elle sort de mon bureau en me réclamant 14.000 euros car elle trouve que son appartement n'a pas été vendu assez cher. J'ai vainement tenté de lui expliquer que sa situation faisait qu'il fallait agir vite et donc de perdre sur la valeur de l'appartement.

Non ! Pour elle, je l'ai volé. J'ai profité de sa faiblesse pour faire une bonne affaire sur son dos. C'est de ma faute. Je lui dois ces 14.000 euros et  "on se retrouvera au tribunal !"

Voilà une situation tout à fait concrète où j'ai pu tester ma capacité à résister face à des attaques que je considère infondées. J'ai vraiment eu l'impression quand les poursuites judiciaires ont été arrêtées que je lui rendais vraiment service que j'avais agi de façon loyale et que je lui avais enlevé une épine du pied.

Me voici avec une menace à peine voilée d'une procédure judiciaire où je vais devoir me justifier d'avoir fait le bien dans l'intérêt de cette amie.

Je reconnais que je suis dégoûté par cette façon de faire. Mon intégrité en a pris un coup. Pourtant, je suis prêt à faire amende honorable. Mais, en l'espèce, faire amende honorable de quoi? Je ne vais pas lui faire un chèque de 14.000 euros pour lui rendre service et calmer sa frustration.

Il est clair que dans mon ancienne vie, la bouteille aurait fait son apparition avec ses promesses de lendemains qui déchantent.

Mais là, rien : je suis allé déjeuner et j'ai discuté avec une collègue. Je suis revenu au bureau et j'ai écrit cet article.

Je repense à ce qui est dit dans notre méthode : "il y en a de ces malheureux, ce n'est pas leur faute".

Je me défendrais si je suis attaqué, mais je lui pardonne, car elle n'a pas la méthode.

Par Groupe de pAArisladefense - Publié dans : DouglAAs
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