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Jeudi 29 décembre 2005

Pour l'alcoolique que je suis, la période des fêtes de fin d'année renvoie à des souvenirs contrastés. Ceux de l'alcool festif et ceux de l'alcool destructeur. Je n'oublie pas les fêtes d'antan mais quel bonheur de passer ces fêtes dans l'abstinence, en savourant chaque instant passé avec mes proches. Je me suis demandé une fois de plus qu'est ce qui m'avait poussé à me détruire à petit feu. Mon père, mes rapports très tendus pendant de si nombreuses années. Cette impression de n'exister qu'en tant que "fils de Rémy"... Quand j'y repense, je me dis que c'était insensé de ne vivre qu'au travers de mon père (que j'ai appelé mon géniteur pendant des années). C'est une des raisons sûrement. Mais ce n'est peut-être pas la seule. Toujours est-il que j'ai consommé pendant des années ce poison mortel... pour moi. Pour revenir aux fêtes de fin d'année, je me cassais avec l'alcool, je fuyais loin en restant sur place au bar ou avec des amis de beuverie. La gestion des soirées festives passaient par l'alcool. Achat des vins, des champagnes. Trouver l'alcool de vie vieux pour amateurs éclairés mais aussi avinés... Je mettais de l'hédonisme dans mon alcoolisation. Cela devait sûrement lui donner fière allure... de mon point de vue de l'époque.  Sublimer l'alcool pour justifier l'ivresse non pas des profondeurs mais alcoolique. Noël 2005 est le 6e Noël sans alcool : hé bien il n'y a pas photo !  Pas eu envie de dormir ou d'aller "me reposer"... J'ai assumé même tard le soir avec famille et amis et suis allé me coucher ensuite avec la fatigue normale d'une journée festive. Pas de maux de crâne, pas de toubles digestifs, pas de trous noirs le lendemain de fête... Que du bonheur, je vous dis. Je souhaite que ce message soit un message d'espoir pour les nouveaux venus dans le mouvement des Alcooliques Anonymes. Je peux témoigner que l'expérience vécue en AA en vaut vraiment la peine. Au fait, mon père est décédé en juin 2001 et je me suis réconcilié avec lui. Il m'aimait beaucoup,  trop peut-être...

Par DouglAAs - Publié dans : DouglAAs
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Lundi 5 décembre 2005

Lorsque je me suis rendu à ma première réunion AA, j’étais convaincu que je n’aurais rien à faire puisque j’étais déjà abstinent, je voulais juste rencontrer des gens comme moi, et me faire des amis comme on se fait des amis dans un club.

L’ami qui m’a accueilli, Dominique, me disait qu’il y avait un programme en douze étapes, pour notre rétablissement. Je lui ai répondu que je n’en aurais pas besoin puisque j’étais déjà abstinent !!! 

Enfin, « pour lui faire plaisir », j’ai acheté le 12/12 et je l’ai lu en quelques jours. Quand j’ai découvert qu’il y avait Dieu presque à toutes les pages, j’ai trouvé çà bizarre, puisqu’on me disait qu’il n’y avait pas d’affiliation à des mouvements religieux ! 

Bref, la semaine suivante, j’en ai parlé avec Dominique. Il m’a demandé de garder l’esprit ouvert, de venir en réunion, d’écouter, de prendre ce qui me plaisait et de laisser le reste, et que je verrais bien si ce mouvement me convenait ou pas. 

Il m'a expliqué que le Dieu dont on parle dans les réunions AA n’est pas forcément le Dieu des religions, même si certains le reconnaissent comme tel. 

Dieu peut être pour beaucoup une Puissance Supérieure telle que chacun peut la concevoir ou pas. Bref, il n’y a aucune obligation de croyance en quoi que ce soit.

Il est simplement nécessaire de reconnaître que seul je ne peux rien. 

Et moi qui croyais que ce programme était destiné à s’arrêter de boire et à se faire des amis. Je n’avais pas encore compris que le programme est fait pour s’arrêter de boire, mais aussi pour changer mon comportement qui a été à l’origine de mon besoin d’alcool et de la détresse de ma vie. 

Il fallait que je comprenne que l’alcool était plus fort que moi, que j’avais perdu la maîtrise de ma vie. Il fallait que j’en vienne à croire qu’une puissance supérieure pouvait me rendre la raison, que je lui confie ma vie, ma volonté. Il fallait aussi que j’inventorie tout ce qui n’allait pas en moi, que j’en parle et que je demande l’aide de ma puissance supérieure pour arranger tout çà. Il fallait que j’identifie les personnes à qui mon alcool avait fait du tort, et que j’essaie de réparer les dégâts. Il fallait que je comprenne que tout ceci est un travail de tous les jours, et que je cherche à m’améliorer en permanence, que je garde le contact avec ma puissance supérieure, que je mette tout çà en pratique dans ma vie, et si possible que j’essaie d’aider d’autres alcooliques. 

C’est tout cela qu’il fallait que je comprenne, et pour moi, à ce moment là, ce n’était pas gagné ! 

Dominique m’a rassuré en me disant qu’il n’y avait aucune obligation, et que ce programme, si on souhaite le mettre en pratique, c’est à son propre rythme, c’est quand on veux, comme on veux. 

Je crois que c’est ce discours sur l’absence d’obligation qui m’a retenu. Si on m’avait donné l’obligation de faire telle ou telle chose, de rendre des comptes sur l’avancement dans le programme, je ne crois pas que j’y serais resté. 

Par Jean-Pierre D. - Publié dans : Jean-Pierre D.
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Vendredi 2 décembre 2005

Mercredi dernier, le 30 novembre, le comité de Paris La Défense (PLD) a été élu. Fort de 4 amis, ce comité va devoir s'atteler à une tache difficile : comment faire connaître l'existence d'un groupe AA sur un lieu de travail ? Certains ont critiqué l'idée de créer un groupe sur le lieu de travail que constitue le quartier d'affaires de La Défense au nom du principe d'anonymat. En tant que fondateur du groupe, je me suis bien sûr posé la question avant de me lancer dans l'aventure de la création de ce groupe. Le choix d'un lieu comme la maison d'église Notre Dame de Pentecôte était en soi garant d'une certaine confidentialité à défaut de garantie d'anonymat. Mais la situation de la salle de réunion au sous-sol était un rempart supplémentaire propice à conserver l'anonymat des participants. Lors de l'obtention de l'autorisation d'utilisation de la salle, le curé connaissaint déjà notre mouvement n'a émis aucune réserve sur le mode opératoire lors des réunions : apposition d'une pencarte sur la porte d'entrée de la maison d'église (visible de l'extérieur) un quart d'heure avant le début de la réunion ainsi que sur un poteau au sous-sol pour préciser la lettre de la salle de réunion. Ainsi toute personne venant pour la première fois à une réunion du groupe peut s'orienter sans avoir à demander son chemin. Le problème de l'anonymat étant résolu, reste celui de faire connaître le groupe. L'envoi de lettres aux comités d'entreprises de certaines sociétés du site et aux antennes de médecine du travail locales n'a rien donné. L'insertion d'un article dans le journal publié mensuellement par l'EPAD (établissement public d'aménagement de La Défense) n'a généré aucune venue. Quant à l'article publié dans la revue de la ville de Puteaux, il a suscité la venue une seule fois d'un ami AA qui avait rechuté et s'était éloigné du mouvement... A l'occasion du congrès de Versailles le 19 novembre dernier, lors d'une réunion avec les représentants du conseil d'administration de AA France, j'ai demandé de l'aide pour que le groupe puisse être connu des personnes qui travaillent sur le site. La responsable du BRESS (bureau des relations avec les entreprises et les services sociaux) devrait pouvoir apporter quelques suggestions au nouveau comité. Je profite du présent partage pour solliciter l'aide fraternelle de tout(e) ami(e) disposant d'un peu de temps pour venir nous aider à porter le message à celles et ceux qui souffrent encore de l'alcool dans le quartier de La Défense. J'ai comme souhait que ce groupe continue à être une oasis de sérénité et de paix sur le lieu de travail à l'heure du déjeuner le mercredi.

DouglAAs.

Par DouglAAs - Publié dans : DouglAAs
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Lundi 21 novembre 2005
J'y étais !  Voilà ce qui m'est venu à l'esprit en pensant à cet article que je me proposais d'écrire dans le blogue du groupe. Tous les cinq ans, AA France organise un congrès pour fêter de façon plus particulière que les autres années l'anniversaire du premier groupe AA qui a ouvert en 1960. Beaucoup d'émotions lors de la plénière de samedi qui regroupait sur scène aussi bien des membres anciens de AA que des Al-anon, mais aussi des alliés naturels faisant partie du conseil d'administration.  Tous les thèmes abordés dans les 39 réunions de samedi étaient intéressants :  j'ai assisté aux réunions qui me concernaient plus particulièrement aujourd'hui. La rigoureuse honnêteté, l'acceptation, les malaises dus à nos attentes vus par les Al-anon, la rencontre avec nos administrateurs et la transmission du message par le groupe, autant de thèmes qui m'interpellent. Ce congrès m'a donné l'occasion de rencontrer de nombreux ami(e)s, de revoir des anciens, mais aussi d'avoir le bonheur de voir des nouveaux (certains venant en AA pour la première fois à l'occasion du congrès). Ce brassage m'a beaucoup apporté. Lors des réunions, j'ai pu partager à chacune d'elle, j'ai écouté, j'ai aussi pleuré pendant la plénière. La chaîne d'union à la fin de la plénière, avec ces quelques 1.200 personnes qui entonnent la prière de la sérénité provoqua  en moi une montée d'émotion très forte. La force du mouvement était "palpable".  L'ambiance sereine, le quasi-recueillement pendant les réunions étaient des plus, des cadeaux immenses pour tous ceux présents. Moi qui avais posé le verre le jeudi 16 novembre 2000, deux jours avant le congrès des 40 ans de AA France, m'étais promis, avec la grace de Dieu tel que je le conçois,  d'assister à celui de 2005 si le cadeau de l'abstinence m'était fait. Aujourd'hui, mon combat contre l'alcool est toujours autant d'actualité. Les partages entendus m'ont rappelé, si besoin était, que rien n'est gagné.  L'alcool est très insidieux et la maladie est dite par les médecins "multi-récidivante" comme d'autres maladies, ce n'est pas propre à l'alcoolisme. Alors, j'ai pris une énorme dose d'amour , de joie et j'ai vécu un temps plein de bonheur avec mes ami(e)s connus et inconnus. Je ressors grandi de cette expérience. Je suis heureux d'appartenir à cette belle fraternité. Je me souhaite plein d'autres congrès dans l'abstinence.
Par DouglAAs - Publié dans : DouglAAs
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Vendredi 11 novembre 2005

"Le lundi 11 novembre 1918, à 11 heures, dans toute la France, les cloches sonnent à la volée. Au front, les clairons bondissent sur les parapets et sonnent le «Cessez-le-Feu», «Levez-vous», «Au Drapeau». La «Marseillaise» jaillit à pleins poumons des tranchées. Même soulagement en face, dans le camp allemand. Pour la première fois depuis quatre ans, Français et Allemands peuvent se regarder sans s'entretuer. Un armistice a été conclu le matin entre les Alliés et l'Allemagne, dernière des Puissances Centrales à rendre les armes. Il laisse derrière lui huit millions de morts et six millions de mutilés.
Les survivants ont perdu la foi dans les valeurs morales et spirituelles qui ont fait la grandeur et l'unité de l'Europe. Mais ils veulent croire que cette guerre qui s'achève restera la dernière de l'Histoire, la «der des der»... "
J'ai tapé "11 novembre" en requête sur google.fr et voici le début du site qui apparaissait en premier. Alors, j'ai envie de penser à là où j'en suis. J'ai la chance dêtre abstinent et de vivre (encore?) dans un pays en paix, d'avoir un toit, un travail, une famille. Le 16 novembre 2000, ce fut mon cessez-le feu à moi.  Le 87ème anniversaire de l'armistice de 1918 rappelle que des hommes se sont entretués et que 8 millions ont laissé leur vie. Aujourd'hui des personnes sans repères, sans but dans la vie hurlent leur désespoir en brûlant des voitures et en caillassant des bâtiments publics pour attirer l'attention sur leur sort.  Je me suis demandé voici deux jours en constatant deux véhicules en flammes vers 1 heure du matin, le premier dans le 17e arrondissement le second à Asnières-sur-Seine, si je ne vivais pas une sorte de guerre civile. J'ai la chance d'avoir un programme de vie qui me permet de prendre du recul face aux événements de la vie quotidienne. Plus j'avance dans ce programme, plus je suis reconnaissant au mouvement de m'avoir permis de goûter à une vie sereine sans toutefois être insipide. Le 16 novembre, c'est mon anniversaire d'abstinence, mon cessez-le feu à moi. Le fait qu'à quelques jours de distance soient fêtés les deux anniversaires de cessez-le feu m'a donné l'idée de cet article.

Par DouglAAs - Publié dans : DouglAAs
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