Pour l'alcoolique que je suis, la période des fêtes de fin d'année renvoie à des souvenirs contrastés. Ceux de l'alcool festif et ceux de l'alcool destructeur. Je n'oublie pas les fêtes d'antan mais quel bonheur de passer ces fêtes dans l'abstinence, en savourant chaque instant passé avec mes proches. Je me suis demandé une fois de plus qu'est ce qui m'avait poussé à me détruire à petit feu. Mon père, mes rapports très tendus pendant de si nombreuses années. Cette impression de n'exister qu'en tant que "fils de Rémy"... Quand j'y repense, je me dis que c'était insensé de ne vivre qu'au travers de mon père (que j'ai appelé mon géniteur pendant des années). C'est une des raisons sûrement. Mais ce n'est peut-être pas la seule. Toujours est-il que j'ai consommé pendant des années ce poison mortel... pour moi. Pour revenir aux fêtes de fin d'année, je me cassais avec l'alcool, je fuyais loin en restant sur place au bar ou avec des amis de beuverie. La gestion des soirées festives passaient par l'alcool. Achat des vins, des champagnes. Trouver l'alcool de vie vieux pour amateurs éclairés mais aussi avinés... Je mettais de l'hédonisme dans mon alcoolisation. Cela devait sûrement lui donner fière allure... de mon point de vue de l'époque. Sublimer l'alcool pour justifier l'ivresse non pas des profondeurs mais alcoolique. Noël 2005 est le 6e Noël sans alcool : hé bien il n'y a pas photo ! Pas eu envie de dormir ou d'aller "me reposer"... J'ai assumé même tard le soir avec famille et amis et suis allé me coucher ensuite avec la fatigue normale d'une journée festive. Pas de maux de crâne, pas de toubles digestifs, pas de trous noirs le lendemain de fête... Que du bonheur, je vous dis. Je souhaite que ce message soit un message d'espoir pour les nouveaux venus dans le mouvement des Alcooliques Anonymes. Je peux témoigner que l'expérience vécue en AA en vaut vraiment la peine. Au fait, mon père est décédé en juin 2001 et je me suis réconcilié avec lui. Il m'aimait beaucoup, trop peut-être...